Sur cette page : L' uranium et la céramique, Toxicologie : Uranium appauvri, Articles sur la Contamination par des céramiques à base d'uranium
 

L'URANIUM et la CÉRAMIQUE
 
Voici à travers quelques extraits d'articles d'auteurs ayant publié des ouvrages sur la céramique (dont certains sont devenus très rares) au cours du XIXème et XXème siècle un aperçu de ce que fût l'utilisation de l'Uranium et de ses composés dans les produits céramiques, essentiellement consacrée à la réalisation de couleurs vitrifiables, de colorants pour émaux, de lustres et de glaçures.
 
Aujourd’hui ces produits font partie de l’histoire de la céramique et n’ont plus cours dans les fabrications actuelles du monde occidental. La toxicité de l’uranium et de ses composés ainsi que leur radioactivité ont placé ces matières sous haute surveillance avec l’interdiction formelle d’en faire le commerce et l’usage.
 
 
Extraits d’articles sur l’usage de l’uranium et de ses composés en céramique :
 
 
1) Dans l’ouvrage "Traité des Arts Céramiques ou des poteries", Alex. Brongniart, Janvier 1854 :
 
L'oxyde d'urane, convenablement préparé, peut donner une couleur jaune orangé d'un grand éclat qu'on obtient que difficilement avec l'antimoniate de potasse.
On obtient les jaunes au moyen de l'antimoniate de potasse et de l'oxyde de plomb. C'est à peu près du jaune de Naples, plus ou moins foncé par des additions variables d'oxyde de zinc, d'oxyde de fer et quelquefois d'oxyde d'étain. On peut encore y ajouter de l'oxyde d'urane pour avoir un jaune plus foncé.
 
Couleur vitrifiable pour porcelaine :
(Le jaune orangé d'urane qui s'emploie pour les fonds)
 
 

Composants

Jaune Orangé n° 45

Fondant rocaille (75% minium, 25% silice)

75

Oxyde pur d'urane

25

 
La préparation de l'oxyde s'effectue a partir de pechblende traitée par des solution acides.
 
 
2) Dans l’ouvrage "Leçons de Céramique", tome 1, Alphonse Salvétat - 1857 :
 
Les oxydes d'urane (U3O8 ou oxyde salin) sont employés en verrerie pour former les tons variés jaunes à reflets verts qu'on nomme dichroïques. Leur usage dans l'art de décorer la porcelaine est assez étendu.
 
Jaune d'Urane vitrifiable pour décoration de la porcelaine dure à 950°C :
 
 

Composants

Jaune d'urane vitrifiable

Fondant n°6

75

Oxyde jaune d'urane (Uranate de sodium)

25

 
Composition du fondant :
 
 

Composants

Fondant n°6

Minium Pb3O4

60

Acide Borique cristallisé

30

Quartz broyé

10

 
 
 3) Dans l’ouvrage "Fabrication industrielle des Porcelaines" tome II par Marc Larchevêque - 1929 :
 
L'oxyde d'uranium et différents composés font partie des colorants artificiels pouvant être employés à 1400°C (montre 14) de même que les métaux, oxydes et composés des éléments suivants : chrome, cobalt, fer, manganèse, nickel, vanadium, tungstène, titane, or, platine, iridium.
Le principal minerai d'uranium est la pechblende qui contient entre 40 et 90% d'oxyde d'urane U3O8, le reste étant constitué par du soufre, de l'arsenic, du fer, du plomb et une quantité infime de radium et autres éléments radioactifs.
L'uranate de sodium (Na2O (UO3)2, 6H2O) est désigné sous le nom impropre de "Oxyde jaune d'urane".
Le nitrate d'uranyle (Sel à cristaux jaune vert clair), est employé dans la préparation de diverses couleurs liquides (lustres).
Autre composés utilisés : uranate d'ammoniaque, uranate de potassium, oxydes d'uranium, uranate de calcium, uranate de magnésium, uranate de fer, uranate de manganèse, uranate de plomb, etc...
 
Recette du jaune d'Urane orangé pour couleur vitrifiable (entre 900°C et 950°C) :
 
 

Composants

Jaune d'urane orangé vitrifiable

Fondant n°1 (nommé aussi fondant rocaille)

75

Uranate d'ammoniaque

25

 
Mélanger, fondre, broyer et sécher.
 
Fondant n°1 :
 
 

Composants

Jaune d'urane orangé vitrifiable

Litharge (PbO)

75 (ou minium Pb3O4, 76.8)

Quartz broyé

25

 
 
4) Dans l’ouvrage "La Bible du Céramiste" Anonyme - Origines de publication inconnues - vers 1965 :
 
Il y a trois oxydes d'uranium importants :
a) le bioxyde d'uranium ou oxyde uraneux UO2, noir, poids moléculaire 270.14.
b) L'uranate d'uranium U3O8, vert olive, poids moléculaire 842.42.
c) Le trioxyde d'uranium ou oxyde d'uranyle UO3, rouge, poids moléculaire 238.14.
 
Tous ces oxydes sont insolubles dans l'eau, solubles dans les acides chlorhydrique et sulfuriques et sont toxiques.
A haute température, le bioxyde d'uranium se change en uranate d'uranium.
Les oxydes d'uranium sont employés principalement comme colorants pour les émaux, le verre et la porcelaine, quoique l'instabilité relative des couleurs limite leur utilisation.
 
a) Le bioxyde d'uranium colore les glaçures en noir, noir de jais ou gris en atmosphère réductrice et jaune en atmosphère oxydante. Il est aussi employé pour préparer des colorants noirs et bruns pour la porcelaine.
 
b) L'uranate d'uranium se comporte d'une manière analogue, en donnant des noirs, des bruns et des gris en atmosphère réductrice et des jaunes ou des rouges selon les circonstances, en atmosphère oxydante.
 
c) Le trioxyde d'uranium donne des coloris verts ou noirs en atmosphère réductrice et jaunes en oxydation.
Cet oxyde est utilisé pour colorer les sous-glaçures et les porcelaines, mais son emploi se limite, en raison de son prix élevé, au verre au plomb auquel il communique un coloris jaune orangé brillant.
Le trioxyde d'uranium est quelquefois utilisé comme agent de cristallisation dans les glaçures colorées cristallines.
On l'emploie en verrerie, seul ou avec du sulfure de cadmium, pour la production de verre intensément coloré en jaune et en orange.
 
Exemples de composition pour glaçures rouge orangé, cuisant à basse température entre cône 08 et cône 06 :
 
 

Composants

Valeurs possibles

Céruse (carbonate de plomb)

64 à 66 %

Silex broyé

18 à 13 %

Oxyde de zinc

4 à 3 %

Oxyde noir d'uranium (bioxyde)

14 à 15 %

Kaolin

0 à 3 %

 
Autre composé de l’uranium : Le Nitrate d'uranium
 
Ce sel jaune citron entre dans la composition de lustres, dont l'un de ceux-ci se prépare avec 2 parties de
savon de résine, 4 parties d'eau chaude, et 1 partie de solution de nitrate d'urane. Le savon d'uranium
obtenu est mélangé avec une huile essentielle.
 
  
5) Dans l’ouvrage "La céramique de A à Z" par J. Rigaud - vers 1975 :
 
Trois formes principales d'oxydes d'uranium sont courantes :
 
1) Oxyde uraneux ou dioxyde d'uranium (UO2 "réducteur") :
L'oxyde uraneux est extrait de la pechblende ou de la carnotite par un traitement à base d'acide nitrique.
 
2) Oxyde uranique ou trioxyde d'uranium (UO3 "oxydant") :
Le trioxyde d'uranium UO3 ou oxyde uranique est obtenu par oxydation à haute température de l'oxyde "salin" U3O8. Il prend la couleur jaune et peut prendre la forme hydratée UO3.H2O ou UO2 (OH)2 hydroxyde d'uranyle.
Il peut former des uranates et des diuranates avec les bases. Ces produits interviennent en verrerie et en céramique dans la coloration des phases vitreuses et la préparation des pigments de grand feu.
Ainsi l'introduction de diuranates alcalins dans les verres conduit à la couleur jaune par transmission, verte par réflexion ; de plus ces verres deviennent dichroïques et fluorescents aux ultraviolets.
En céramique les uranates de métaux lourds (Mn, Fe, Pb, ...) sont à la base de couleurs sous couverte, appelées jaunes d'urane, obtenues en feu oxydant.
 
3) Oxyde d'urane "salin" U3O8 le plus stable :
L'oxyde salin U3O8 ou oxyde d'urane se trouve a l'état naturel dans la pechblende, qui peut en contenir jusqu'à 80%. U3O8 est utilisé en céramique et en verrerie pour former des uranates.
 
 
6) Dans l’ouvrage "Keramic-Glasuren" de Stefanov et Batschwarov - 1988 :
 
Colorants jaunes :
 
L'oxyde d'uramium en présence de silice ou d'alumine permet d'obtenir une teinte jaune, mais ce n'est plus utilisé compte-tenu de la radioactivité.
 
Glaçures jaunes :
 
Les glaçures plombeuses calciques ou zinciques développent une teinte jaune par addition d'oxyde d'uranium. De même que les glaçures plombeuses boraciques peu alcalines qui virent au jaune par addition de 5% d'Uranate de Sodium.
 
Glaçures rouges :
 
Les glaçures plombeuses zinciques contenant soit du calcium ou du bore produisent une teinte rouge intensive par addition de 10% d'oxyde d'uranium.
 
 

Composants :

Glaçure Rouge

Glaçure Rouge orangé

Minium (Pb3O4)

55,5

63,0

Feldspath potassique

9,8

0,0

Silice broyée

18,7

4,0

Uranate de sodium

18,0

0,0

Oxyde d'uranium

0,0

17,0

Oxyde de zinc

0,0

2,0

Kaolin

0,0

4,0

 
Lustre d'uranium :
 
Le lustre d'uranium est obtenu par fusion de la colophane, sur lit de sable, additionnée de 30g d'acétate d'uranyle puis dissoute dans 300 ml d'essence de térébenthine chaude. Après refroidissement le mélange est décanté et conservé deux à trois jours avant la première utilisation.
 
 
Smart.Conseil / Avril 2002
smart2000@wanadoo.fr
 
 
 
Références :
 
"Traité des Arts Céramiques ou des poteries", Alex. Brongniart, Janvier 1854
"Leçons de Céramique", tome 1, Alphonse Salvétat - 1857
"Fabrication industrielle des Porcelaines" tome II par Marc Larchevêque - 1929
"La Bible du Céramiste" Anonyme - Origines de publication inconnues - vers 1965
"La céramique de A à Z" par J. Rigaud - vers 1975
"Keramic-Glasuren" de Stefanov et Batschwarov - 1988
 
 
 
 
 
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URANIUM APPAUVRI
 
 Puisque l'uranium agit sur les organes et les tissus du corps comme l'Uranium Appauvri (UA) les résultats et les conclusions des études sur l'uranium sont considérés comme largement applicables à l'UA.
Cependant, dans le cas des effets dus au rayonnement ionisant l'UA est moins radioactif que l'uranium.
 
L’uranium :
 
1-L’uranium est un élément naturel, blanc argenté, brillant, dense et faiblement radioactif. Il est omniprésent dans la nature et on le trouve en quantités variables mais faibles dans les roches, le sol, l’eau, l’air, les plantes, les animaux et les êtres humains.
 
2-Il y a en moyenne dans l’organisme humain aproximativement 90 µg (microgrammes) d’uranium qui proviennent de l’eau, de l’air et des aliments consommés normalement. Environ 66 % se trouvent dans le squelette, 16 % dans le foie, 8 % dans les reins et 10 % dans les autres tissus.
 
3-L’uranium naturel se compose de trois isotopes radioactifs caractérisés par leur masse atomique : 238U (99,27 % de la masse totale), 235U (0,72 %) et 234U (0,0054 %).
 
4-L’utilisation principale de l’uranium se trouve dans les centrales nucléaires. Néanmoins, la plupart des réacteurs fonctionnent avec un uranium enrichi en 235U (3 % environ au lieu de 0,72 % normalement).
 
L’uranium appauvri :
 
1-Après séparation de la fraction enrichie, l’uranium restant contient environ 99,8 % de 238U, 0,25 % de 235U et 0,001 % de 234U. Il est devenu ce que l’on appelle l’uranium appauvri (UA).
 
2-L’UA est faiblement radioactif, la dose de rayonnement étant inférieure de 40 % environ à celle qui serait émise par la même masse d’uranium naturel purifié.
 
3-L’uranium et l’UA ont le même comportement dans l’organisme au plan chimique et radiologique.
 
4-L’uranium utilisé dans les réacteurs nucléaires est parfois retraité dans les unités d’enrichissement de l’uranium naturel. Par conséquent, il arrive que des radio-isotopes créés par ces réacteurs contaminent le matériel de recyclage et par conséquent l’UA. Dans ces conditions, on peut trouver un autre isotope, 236U, et des traces d’éléments transuraniens, plutonium, américium et neptunium, ainsi qu’un produit de fission, le technétium 99. Toutefois, en se basant sur les concentrations de ces isotopes observées dans l’UA, l’augmentation de la dose de rayonnement absorbée par l’organisme humain ne dépasse pas 1 %.
 
Applications de l’uranium appauvri :
 
1-Les principales applications civiles de l’UA sont les suivantes : contrepoids dans les avions, boucliers de protection dans les appareils de radiothérapie et conteneurs pour le transport des matières radioactives.
 
2-A cause de sa forte densité, environ le double de celle du plomb, et de ses autres propriétés, il est utilisé pour les munitions devant transpercer les plaques blindées et pour la protection des véhicules militaires comme les chars d’assaut.
 
Exposition à l’uranium et à l’uranium appauvri :
 
1-On estime que les apports annuels moyens d’uranium pour un adulte sont de 460 µg d’uranium par ingestion et 0.59 µg par inhalation.
 
2-Dans la plupart des situations, l’utilisation de l’UA n’apporte qu’une contribution négligeable à l’intensité du rayonnement radioactif de l’uranium dans l’environnement. Le plus grand risque d’exposition surgit à la suite d’un conflit pendant lequel des munitions à UA sont employées.
 
3-Un rapport récent du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) donne les résultats des mesures faites sur le terrain autour de sites d’impact sélectionnés au Kosovo et montre que la contamination de l’environnement ne dépasse pas quelques dizaines de mètres autour de ces sites. La contamination de la végétation locale et des ressources en eau par des particules d’UA paraît extrêmement réduite. Il en ressort que la possibilité d’une exposition importante des populations locales est très faible.
 
4-Néanmoins, les niveaux en UA peuvent s’élever significativement au-dessus des niveaux naturels au voisinage des événements contaminants. Dans les jours ou les années qui suivent, la contamination se disperse dans l’environnement et les personnes vivant ou travaillant dans les zones touchées peuvent inhaler des particules ou consommer de la nourriture ou de l’eau contaminée.
 
5-Il est possible que les personnes se trouvant à proximité d’un avion qui vient de s’écraser puissent être exposées à des particules d’UA si les contrepoids ont brûlé au cours de l’impact. Néanmoins, les expositions importantes dans ce genre de situation devraient rester rares. Il est possible que le personnel d’urgence et de déblaiement soit lui aussi exposé, mais les mesures normales de protection prises dans ce cadre professionnel devraient empêcher toute exposition importante.
 
Voies d’exposition à l’UA :
 
1-Il n’y a pas de différence entre l’UA et l’uranium naturel : l’exposition survient par inhalation, ingestion, contact cutané ou par des lésions (par exemple lorsqu’il y a des fragments inclus dans la peau).
 
2-Il faut évaluer chacune de ces situations pour déterminer les conséquences potentielles pour la santé.
 
3-La part relative de chacune de ces voies d’exposition dans l’absorption totale d’UA par l’organisme dépend de la nature physique et chimique de l’UA, ainsi que de l’intensité et de la durée de l’exposition.
 
Absorption de l’uranium appauvri :
 
1-Il est ingéré lorsque l’eau de boisson ou les aliments sont contaminés. L’ingestion de terre par les enfants, soit par géophagie (l’habitude de manger de la terre), soit par leur propension à porter la main à la bouche, est également importante dans ce contexte.
 
2-L’inhalation se produit à la suite de l’utilisation de munitions qui en contiennent ou lorsque, après s’être déposé dans l’environnement, l’UA est remis en suspension dans l’atmosphère par le vent ou d’autres perturbations. Elle peut aussi survenir accidentellement à la suite d’un incendie dans un entrepôt, d’un accident d’avion ou de la décontamination de véhicules provenant des zones de conflits ou des sites à proximité.
 
3-L’absorption de l’UA par la peau à la suite d’un contact est très faible et joue un rôle relativement peu important.
 
4-La contamination des lésions cutanées ou la présence de fragments dans les tissus permet à l’UA de passer dans la circulation sanguine.
 
Résorption de l’uranium appauvri :
 
1-La plupart de l’uranium (plus de 95 %) qui pénètre dans l’organisme par inhalation ou ingestion est éliminée dans les fèces.
 
2-Les reins filtrent environ 67 % de l’uranium sanguin et l’excrètent dans les urines en 24 heures. La proportion atteint 90 % en quelques jours.
 
3-L’appareil digestif absorbe en général 2 % des composés solubles d’uranium et 0,2 % des composés insolubles présents dans l’eau et les aliments.
 
Effets de l’exposition à l’uranium appauvri sur la santé :
 
L’UA est à la fois chimiotoxique et radiotoxique : il attaque principalement les reins et les poumons.
 
1-On considère que, dans les reins, le siège principal des lésions potentielles se trouve au niveau des tubes proximaux. Les études à long terme sur les professionnels victimes d’une exposition chronique à l’uranium ont signalé des troubles rénaux dépendant de l’intensité de l’exposition. Certaines données semblent indiquer que ces troubles disparaissent lorsque la source d’exposition excessive est enlevée.
 
2-Un certain nombre d’études sur les mineurs extrayant l’uranium ont montré un accroissement du risque de cancer pulmonaire, mais on a attribué ce phénomène à une exposition aux produits de désintégration du radon. Il se pourrait que les lésions du tissu pulmonaire engendrent un risque tumoral si les composés insolubles d’UA restent assez longtemps dans cet organe (plusieurs années) et émettent un rayonnement d’intensité suffisante.
 
3-L’érythème (inflammation superficielle de la peau) ou d’autres effets cutanés ne semblent pas devoir se produire même au contact de l’UA pendant une longue période (plusieurs semaines). Aucune donnée connue n’indique que le contact avec des particules d’uranium peut provoquer des cancers cutanés.
 
4-Aucun effet indésirable concordant ou confirmé n’a été signalé pour le squelette ou le foie. Quelques études ont cependant été réalisées.
 
5-On n’a pas signalé d’effets sur la procréation ou le développement de l’être humain.
 
6-Bien que l’uranium libéré à partir des fragments inclus dans l’organisme puisse s’accumuler dans les tissus du système nerveux central (SNC) et que certaines études sur l’homme et l’animal indiquent des effets sur les fonctions de cet organe, il est difficile de tirer des conclusions définitives.
 
Doses maximales de rayonnement :
 
Les doses données ci-après, tirées des normes internationales de sécurité de base reconnues par l’OMS en 1996, s’ajoutent à celles de la radioactivité naturelle.
 
1-Les populations ne doivent pas recevoir une dose supérieure à 1 millisievert (mSv) par an. Dans certaines circonstances, la dose effective peut atteindre 5 mSv en une année si la dose moyenne pour cinq années consécutives ne dépasse pas 1 mSv par an. Une dose équivalente pour la peau ne doit pas dépasser 50 mSv par an.
 
2-L’exposition professionnelle ne doit pas dépasser la dose effective de 20 mSv par an en moyenne sur cinq années consécutives ou 50 mSv sur une seule année. La dose équivalente pour les extrémités (mains et pieds) ou la peau ne doit pas dépasser 500 mSv par an.
 
Indications sur l’exposition d’après la chimiotoxicité et la radiotoxicité :
 
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) donne des lignes directrices déterminant les valeurs maximales d’exposition compatibles avec la santé (doses admissibles) pour les substances chimiques. Les doses données ci-dessous s’appliquent à une exposition de longue durée pour toute une population (et pas seulement les professionnels). Des expositions plus fortes peuvent être tolérées sans effets indésirables si elles sont uniques et de courte durée.
 
1-Pour la population en général, la valeur tolérable pour la dose de composés solubles d’UA inhalés ou ingérés se situe à 0,5 ìg par kilo et par jour. Cela donne une concentration dans l’air de 1 µg/m3. Pour l’ingestion, cela revient à environ 11 mg par an pour un adulte de corpulence moyenne.
 
2-Il conviendrait de diminuer à 0,5 µg par kilo et par jour la dose admissible de composés insolubles d’UA de façon à avoir une compatibilité avec la dose limite de rayonnement admise pour l’ensemble d’une population. Lorsque la solubilité des composés d’uranium n’est pas connue, ce qui est souvent le cas lors d’expositions à l’uranium appauvri, il serait prudent d’appliquer à l’exposition orale cette dose plus rigoureuse, c’est-à-dire 0,5 µg par kilo et par jour.
 
3-Les composés d’uranium peu absorbés ont une néphrotoxicité bien moindre et l’on peut appliquer une dose tolérable par ingestion de 5 µg par kilo et par jour.
 
Suivi et traitement des sujets exposés :
 
1-Pour la population en général, ni l’utilisation civile, ni l’utilisation militaire de l’UA ne sont susceptibles d’entraîner des expositions d’une intensité bien supérieure à celle produite par l’uranium naturel. L’évaluation de ces expositions ne sera donc pas requise normalement.
 
2-Lorsqu’on soupçonne qu’une personne a subi une exposition à l’UA bien supérieure à la normale, il pourra s’avérer nécessaire de procéder à une évaluation. Le meilleur moyen d’y parvenir consiste à analyser l’excrétion urinaire quotidienne. On détermine la quantité d’UA dans les urines en établissant le rapport 235U/238U par des techniques sensibles de spectrométrie de masse. Le dosage dans les fèces peut donner des informations utiles si les échantillons sont recueillis peu après l’exposition (quelques jours).
 
3-La mesure du rayonnement externe du thorax, à l’aide d’un détecteur de radiation pour l’ensemble du corps afin de déterminer la quantité d’UA dans les poumons, n’a qu’une application limitée : il faut en effet disposer d’installations particulières et on ne peut doser que des quantités relativement importantes d’UA dans les poumons.
 
4-Il n’existe pas de moyens spécifiques pour diminuer l’absorption de l’uranium au niveau du tube digestif et des poumons ou accroître son excrétion. On peut donc appliquer les méthodes généralement employées pour les intoxications aux métaux lourds. De même, il n’y a pas de traitement spécifique de l’intoxication à l’uranium et le sujet sera traité en fonction des symptômes observés. La dialyse peut s’avérer utile en cas de lésions rénales très importantes.
 
Recommandations :
 
1-Les niveaux de contamination des aliments et de l’eau de boisson peuvent augmenter dans les zones touchées après quelques années. Il convient donc de les contrôler lorsqu’on peut raisonnablement penser que des quantités importantes d’UA sont susceptibles de passer dans l’eau souterraine ou la chaîne alimentaire.
 
2-On entreprendra autant que possible des opérations de dépollution dans les zones d’impact où il reste un grand nombre de projectiles radioactifs, si les spécialistes jugent que les niveaux de contamination sont inacceptables. Si l’on observe de fortes concentrations de particules d’UA ou de fragments métalliques, il pourra s’avérer nécessaire de boucler ces zones jusqu’à ce qu’elles aient été nettoyées.
 
3-L’exposition à l’UA peut être plus forte pour les enfants jouant dans les sites d’impact ou à leur proximité. Portant souvent la main à la bouche, ils peuvent ingérer de grandes quantités d’UA provenant du sol. Il convient alors de prendre des mesures préventives.
 
4-Les personnes qui croient avoir absorbé de trop grandes quantités d’UA doivent consulter leur médecin qui les examinera et traitera les symptômes éventuels. L’OMS n’appelle pas à procéder à un dépistage ou à un contrôle systématique des effets sur la santé des populations vivant dans des zones de conflits où ce métal a été utilisé. L’élimination de l’UA doit suivre les recommandations nationales ou internationales sur l’utilisation des matières radioactives.
 
 
 
 
 
Edouard Bastarache M.D. (Médecin du Travail et de l’ Environnement)
Auteur de « Substitutions de matériaux céramiques complexes »
edouardb@sorel-tracy.qc.ca
http://www.sorel-tracy.qc.ca/;edouardb/
Sorel-Tracy
Quebc
Canada
 
 
 
Référence :
OMS, Uranium appauvri, Aide-Mémoire N° 257, Révisé en avril 2001.
 
 
 
 
 
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CONTAMINATION par les CÉRAMIQUES à base d'URANIUM
 
Voici deux articles témoignant des risques encourrus par l'exposition à des céramiques à usage domestique contenant des composés de l'uranium.
 
 1) Contamination accidentelle par des composés d'uranium suite au contact avec des vaisselles en céramique, Résumé de l'article de Ralph W. Sheets, Clifton C. Thompson
 
RÉSUMÉ. L'examen d'échantillons de vaisselles orangées achetées dans des magasins d'antiquité et marchés aux puces a indiqué la présence occasionnelle en surface de composés d'uranium qui sont aisément transférés aux mains et aux habits. Nous avons aussi réussi à mettre en évidence des composés solubles d'uranium à la surface de plats propres en les exposant à du vinaigre domestique ou à de l'eau de javel. Nous estimons que la manipulation d'un plat souillé peut transférer jusqu'à 1-2 becquerels ou plus de composés d'uranium aux mains. La contamination en uranium est inquiétante parce que l'élément est non seulement un émetteur "alpha" mais également une néphrotoxine chimique.
Bien que la quantité d'uranium probablement ingérée en raison de la manipulation occasionnelle puisse être petite, elle pourrait excéder plusieurs fois la quantité se rencontrant dans un régime alimentaire moyen (environ 40 mBq/jour). En outre, puisque des composés nouveaux sont aisément formés en surface, il est possible qu'une personne qui manipule régulièrement ou mange dans de la vaisselle couverte par des glaçures contenant de l'uranium puisse accidentellement ingérer des quantités significatives d'uranium.
 
2) Dégagement d'uranium et émission de rayonnement par des vaisselles couvertes avec des glaçures contenant de l'uranium, Résumé de l'article de Ralph W. Sheets, Sandra L. Turpen
 
RÉSUMÉ. Des échantillons de vaisselles de couleur orange, jaune, beige, ivoire et bleu-verte émaillées avec des émaux contenant de l'uranium ont été examinés. Les mesures faites à la surface de l'émail ont rapporté des taux d'exposition de 3,8-16 mR/h (1-4 uC/kg/h) pour les émaux oranges et des taux de 0,04-1,3 mR/h (0,01-0,3 uC/kg/h) pour les ivoires, beiges, et jaunes. On a estimé que l'exposition au corps entier d'une étagère de 40 plats orangés était de 0,1-0,5 mR/h (0.03-0.13 uC/kg/h), ou jusqu'à 50 fois le niveau de rayonnement de fond de la pièce, à une distance de 1 mètre. Des épreuves de lixiviation de 24 heures ont été réalisées sur des vaisselles orangées, jaunes, et ivoires avec diverses concentrations d'acide acétique et citrique. La concentration en uranium dans les lixiviats de quelques plats orangés a excédé 450 mg/L. L'uranium est une néphrotoxine chimique et l'Agence de Protection de l'Environnement des Etats-Unis (EPA) a proposé un niveau maximum de contaminant pour l'eau potable de 0,020 mg/L. Basé sur cette valeur une personne consommant 2,2 L d'eau potable par jour ingérerait 0,31 mg d'uranium par semaine. Une personne mangeant une fois par semaine dans un plat orangé pourrait facilement ingérer 10 fois ou plus cette quantité.
 

 


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