- Sur cette page : L' uranium et la
céramique, Toxicologie : Uranium
appauvri, Articles sur la
Contamination par
des céramiques à base d'uranium
-
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L'URANIUM et la
CÉRAMIQUE
|
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- Voici à
travers quelques extraits d'articles d'auteurs ayant publié
des ouvrages sur la céramique (dont certains sont devenus
très rares) au cours du XIXème et XXème
siècle un aperçu de ce que fût l'utilisation
de l'Uranium et de ses composés dans les produits
céramiques, essentiellement consacrée à la
réalisation de couleurs vitrifiables, de colorants pour
émaux, de lustres et de glaçures.
-
- Aujourd’hui ces
produits font partie de l’histoire de la céramique et n’ont
plus cours dans les fabrications actuelles du monde occidental. La
toxicité de l’uranium et de ses composés ainsi que
leur radioactivité ont placé ces matières
sous haute surveillance avec l’interdiction formelle d’en faire le
commerce et l’usage.
-
-
- Extraits d’articles sur l’usage de l’uranium et de
ses composés en céramique :
-
-
- 1) Dans
l’ouvrage "Traité des Arts Céramiques ou des
poteries", Alex. Brongniart, Janvier 1854 :
-
- L'oxyde d'urane,
convenablement préparé, peut donner une couleur
jaune orangé d'un grand éclat qu'on obtient que
difficilement avec l'antimoniate de potasse.
- On obtient les
jaunes au moyen de l'antimoniate de potasse et de l'oxyde de
plomb. C'est à peu près du jaune de Naples, plus ou
moins foncé par des additions variables d'oxyde de zinc,
d'oxyde de fer et quelquefois d'oxyde d'étain. On peut
encore y ajouter de l'oxyde d'urane pour avoir un jaune plus
foncé.
-
- Couleur
vitrifiable pour porcelaine :
- (Le jaune
orangé d'urane qui s'emploie pour les fonds)
-
-
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Composants
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Jaune Orangé n°
45
|
|
Fondant
rocaille (75% minium, 25% silice)
|
75
|
|
Oxyde pur
d'urane
|
25
|
-
- La
préparation de l'oxyde s'effectue a partir de pechblende
traitée par des solution acides.
-
-
- 2) Dans
l’ouvrage "Leçons de Céramique", tome 1, Alphonse
Salvétat - 1857 :
-
- Les oxydes
d'urane (U3O8 ou oxyde salin) sont employés en verrerie
pour former les tons variés jaunes à reflets verts
qu'on nomme dichroïques. Leur usage dans l'art de
décorer la porcelaine est assez étendu.
-
- Jaune d'Urane
vitrifiable pour décoration de la porcelaine dure à
950°C :
-
-
|
Composants
|
Jaune d'urane vitrifiable
|
|
Fondant
n°6
|
75
|
|
Oxyde
jaune d'urane (Uranate de sodium)
|
25
|
-
- Composition du
fondant :
-
-
|
Composants
|
Fondant n°6
|
|
Minium
Pb3O4
|
60
|
|
Acide
Borique cristallisé
|
30
|
|
Quartz
broyé
|
10
|
-
-
- 3)
Dans l’ouvrage "Fabrication industrielle des Porcelaines" tome II
par Marc Larchevêque - 1929 :
-
- L'oxyde d'uranium
et différents composés font partie des colorants
artificiels pouvant être employés à
1400°C (montre 14) de même que les métaux,
oxydes et composés des éléments suivants :
chrome, cobalt, fer, manganèse, nickel, vanadium,
tungstène, titane, or, platine, iridium.
- Le principal
minerai d'uranium est la pechblende qui contient entre 40 et 90%
d'oxyde d'urane U3O8, le reste étant constitué par
du soufre, de l'arsenic, du fer, du plomb et une quantité
infime de radium et autres éléments
radioactifs.
- L'uranate de
sodium (Na2O (UO3)2, 6H2O) est désigné sous le nom
impropre de "Oxyde jaune d'urane".
- Le nitrate
d'uranyle (Sel à cristaux jaune vert clair), est
employé dans la préparation de diverses couleurs
liquides (lustres).
- Autre
composés utilisés : uranate d'ammoniaque, uranate de
potassium, oxydes d'uranium, uranate de calcium, uranate de
magnésium, uranate de fer, uranate de manganèse,
uranate de plomb, etc...
-
- Recette du
jaune d'Urane orangé pour couleur vitrifiable (entre
900°C et 950°C) :
-
-
|
Composants
|
Jaune d'urane orangé
vitrifiable
|
|
Fondant
n°1 (nommé aussi fondant rocaille)
|
75
|
|
Uranate
d'ammoniaque
|
25
|
-
- Mélanger,
fondre, broyer et sécher.
-
- Fondant
n°1 :
-
-
|
Composants
|
Jaune d'urane orangé
vitrifiable
|
|
Litharge
(PbO)
|
75 (ou minium Pb3O4,
76.8)
|
|
Quartz
broyé
|
25
|
-
-
- 4) Dans
l’ouvrage "La Bible du Céramiste" Anonyme - Origines de
publication inconnues - vers 1965 :
-
- Il y a trois
oxydes d'uranium importants :
- a) le bioxyde
d'uranium ou oxyde uraneux UO2, noir, poids moléculaire
270.14.
- b) L'uranate
d'uranium U3O8, vert olive, poids moléculaire
842.42.
- c) Le trioxyde
d'uranium ou oxyde d'uranyle UO3, rouge, poids moléculaire
238.14.
-
- Tous ces oxydes
sont insolubles dans l'eau, solubles dans les acides chlorhydrique
et sulfuriques et sont toxiques.
- A haute
température, le bioxyde d'uranium se change en uranate
d'uranium.
- Les oxydes
d'uranium sont employés principalement comme colorants pour
les émaux, le verre et la porcelaine, quoique
l'instabilité relative des couleurs limite leur
utilisation.
-
- a) Le bioxyde
d'uranium colore les glaçures en noir, noir de jais ou gris
en atmosphère réductrice et jaune en
atmosphère oxydante. Il est aussi employé pour
préparer des colorants noirs et bruns pour la
porcelaine.
-
- b) L'uranate
d'uranium se comporte d'une manière analogue, en donnant
des noirs, des bruns et des gris en atmosphère
réductrice et des jaunes ou des rouges selon les
circonstances, en atmosphère oxydante.
-
- c) Le trioxyde
d'uranium donne des coloris verts ou noirs en atmosphère
réductrice et jaunes en oxydation.
- Cet oxyde est
utilisé pour colorer les sous-glaçures et les
porcelaines, mais son emploi se limite, en raison de son prix
élevé, au verre au plomb auquel il communique un
coloris jaune orangé brillant.
- Le trioxyde
d'uranium est quelquefois utilisé comme agent de
cristallisation dans les glaçures colorées
cristallines.
- On l'emploie en
verrerie, seul ou avec du sulfure de cadmium, pour la production
de verre intensément coloré en jaune et en
orange.
-
- Exemples de
composition pour glaçures rouge orangé, cuisant
à basse température entre cône 08 et
cône 06 :
-
-
|
Composants
|
Valeurs possibles
|
|
Céruse (carbonate de plomb)
|
64
à 66 %
|
|
Silex
broyé
|
18
à 13 %
|
|
Oxyde de
zinc
|
4
à 3 %
|
|
Oxyde
noir d'uranium (bioxyde)
|
14
à 15 %
|
|
Kaolin
|
0
à 3 %
|
-
- Autre
composé de l’uranium : Le Nitrate d'uranium
-
- Ce sel jaune
citron entre dans la composition de lustres, dont l'un de ceux-ci
se prépare avec 2 parties de
- savon de
résine, 4 parties d'eau chaude, et 1 partie de solution de
nitrate d'urane. Le savon d'uranium
- obtenu est
mélangé avec une huile essentielle.
-
-
- 5) Dans
l’ouvrage "La céramique de A à Z" par J. Rigaud -
vers 1975 :
-
- Trois formes
principales d'oxydes d'uranium sont courantes :
-
- 1) Oxyde uraneux
ou dioxyde d'uranium (UO2 "réducteur") :
- L'oxyde uraneux
est extrait de la pechblende ou de la carnotite par un traitement
à base d'acide nitrique.
-
- 2) Oxyde uranique
ou trioxyde d'uranium (UO3 "oxydant") :
- Le trioxyde
d'uranium UO3 ou oxyde uranique est obtenu par oxydation à
haute température de l'oxyde "salin" U3O8. Il prend la
couleur jaune et peut prendre la forme hydratée UO3.H2O ou
UO2 (OH)2 hydroxyde d'uranyle.
- Il peut former
des uranates et des diuranates avec les bases. Ces produits
interviennent en verrerie et en céramique dans la
coloration des phases vitreuses et la préparation des
pigments de grand feu.
- Ainsi
l'introduction de diuranates alcalins dans les verres conduit
à la couleur jaune par transmission, verte par
réflexion ; de plus ces verres deviennent dichroïques
et fluorescents aux ultraviolets.
- En
céramique les uranates de métaux lourds (Mn, Fe, Pb,
...) sont à la base de couleurs sous couverte,
appelées jaunes d'urane, obtenues en feu oxydant.
-
- 3) Oxyde d'urane
"salin" U3O8 le plus stable :
- L'oxyde salin
U3O8 ou oxyde d'urane se trouve a l'état naturel dans la
pechblende, qui peut en contenir jusqu'à 80%. U3O8 est
utilisé en céramique et en verrerie pour former des
uranates.
-
-
- 6) Dans
l’ouvrage "Keramic-Glasuren" de Stefanov et Batschwarov - 1988
:
-
- Colorants
jaunes :
-
- L'oxyde d'uramium
en présence de silice ou d'alumine permet d'obtenir une
teinte jaune, mais ce n'est plus utilisé compte-tenu de la
radioactivité.
-
- Glaçures jaunes :
-
- Les
glaçures plombeuses calciques ou zinciques
développent une teinte jaune par addition d'oxyde
d'uranium. De même que les glaçures plombeuses
boraciques peu alcalines qui virent au jaune par addition de 5%
d'Uranate de Sodium.
-
- Glaçures rouges :
-
- Les
glaçures plombeuses zinciques contenant soit du calcium ou
du bore produisent une teinte rouge intensive par addition de 10%
d'oxyde d'uranium.
-
-
|
Composants :
|
Glaçure Rouge
|
Glaçure Rouge
orangé
|
|
Minium (Pb3O4)
|
55,5
|
63,0
|
|
Feldspath potassique
|
9,8
|
0,0
|
|
Silice broyée
|
18,7
|
4,0
|
|
Uranate de sodium
|
18,0
|
0,0
|
|
Oxyde d'uranium
|
0,0
|
17,0
|
|
Oxyde de zinc
|
0,0
|
2,0
|
|
Kaolin
|
0,0
|
4,0
|
-
- Lustre
d'uranium :
-
- Le lustre
d'uranium est obtenu par fusion de la colophane, sur lit de sable,
additionnée de 30g d'acétate d'uranyle puis dissoute
dans 300 ml d'essence de térébenthine chaude.
Après refroidissement le mélange est
décanté et conservé deux à trois jours
avant la première utilisation.
-
-
- Smart.Conseil / Avril 2002
- smart2000@wanadoo.fr
-
-
-
- Références :
-
- "Traité
des Arts Céramiques ou des poteries", Alex. Brongniart,
Janvier 1854
- "Leçons
de Céramique", tome 1, Alphonse Salvétat - 1857
- "Fabrication
industrielle des Porcelaines" tome II par Marc Larchevêque -
1929
- "La Bible du
Céramiste" Anonyme - Origines de publication inconnues -
vers 1965
- "La
céramique de A à Z" par J. Rigaud - vers 1975
- "Keramic-Glasuren" de Stefanov et Batschwarov -
1988
-
-
-
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-
- Sur cette page : L'
uranium et la céramique, Toxicologie : Uranium appauvri, Articles sur la
Contamination par
des céramiques à base d'uranium
-
-
-
- Puisque
l'uranium agit sur les organes et les tissus du corps comme
l'Uranium Appauvri (UA) les résultats et les conclusions
des études sur l'uranium sont considérés
comme largement applicables à l'UA.
- Cependant, dans
le cas des effets dus au rayonnement ionisant l'UA est moins
radioactif que l'uranium.
-
- L’uranium :
-
- 1-L’uranium est
un élément naturel, blanc argenté, brillant,
dense et faiblement radioactif. Il est omniprésent dans la
nature et on le trouve en quantités variables mais faibles
dans les roches, le sol, l’eau, l’air, les plantes, les animaux et
les êtres humains.
-
- 2-Il y a en
moyenne dans l’organisme humain aproximativement 90 µg
(microgrammes) d’uranium qui proviennent de l’eau, de l’air et des
aliments consommés normalement. Environ 66 % se trouvent
dans le squelette, 16 % dans le foie, 8 % dans les reins et 10 %
dans les autres tissus.
-
- 3-L’uranium
naturel se compose de trois isotopes radioactifs
caractérisés par leur masse atomique : 238U (99,27 %
de la masse totale), 235U (0,72 %) et 234U (0,0054 %).
-
- 4-L’utilisation
principale de l’uranium se trouve dans les centrales
nucléaires. Néanmoins, la plupart des
réacteurs fonctionnent avec un uranium enrichi en 235U (3 %
environ au lieu de 0,72 % normalement).
-
- L’uranium appauvri :
-
- 1-Après
séparation de la fraction enrichie, l’uranium restant
contient environ 99,8 % de 238U, 0,25 % de 235U et 0,001 % de
234U. Il est devenu ce que l’on appelle l’uranium appauvri
(UA).
-
- 2-L’UA est
faiblement radioactif, la dose de rayonnement étant
inférieure de 40 % environ à celle qui serait
émise par la même masse d’uranium naturel
purifié.
-
- 3-L’uranium et
l’UA ont le même comportement dans l’organisme au plan
chimique et radiologique.
-
- 4-L’uranium
utilisé dans les réacteurs nucléaires est
parfois retraité dans les unités d’enrichissement de
l’uranium naturel. Par conséquent, il arrive que des
radio-isotopes créés par ces réacteurs
contaminent le matériel de recyclage et par
conséquent l’UA. Dans ces conditions, on peut trouver un
autre isotope, 236U, et des traces d’éléments
transuraniens, plutonium, américium et neptunium, ainsi
qu’un produit de fission, le technétium 99. Toutefois, en
se basant sur les concentrations de ces isotopes observées
dans l’UA, l’augmentation de la dose de rayonnement
absorbée par l’organisme humain ne dépasse pas 1
%.
-
- Applications de l’uranium appauvri
:
-
- 1-Les principales
applications civiles de l’UA sont les suivantes : contrepoids dans
les avions, boucliers de protection dans les appareils de
radiothérapie et conteneurs pour le transport des
matières radioactives.
-
- 2-A cause de sa
forte densité, environ le double de celle du plomb, et de
ses autres propriétés, il est utilisé pour
les munitions devant transpercer les plaques blindées et
pour la protection des véhicules militaires comme les chars
d’assaut.
-
- Exposition
à l’uranium et à l’uranium appauvri :
-
- 1-On estime que
les apports annuels moyens d’uranium pour un adulte sont de 460
µg d’uranium par ingestion et 0.59 µg par inhalation.
-
- 2-Dans la plupart
des situations, l’utilisation de l’UA n’apporte qu’une
contribution négligeable à l’intensité du
rayonnement radioactif de l’uranium dans l’environnement. Le plus
grand risque d’exposition surgit à la suite d’un conflit
pendant lequel des munitions à UA sont
employées.
-
- 3-Un rapport
récent du Programme des Nations Unies pour l’environnement
(PNUE) donne les résultats des mesures faites sur le
terrain autour de sites d’impact sélectionnés au
Kosovo et montre que la contamination de l’environnement ne
dépasse pas quelques dizaines de mètres autour de
ces sites. La contamination de la végétation locale
et des ressources en eau par des particules d’UA paraît
extrêmement réduite. Il en ressort que la
possibilité d’une exposition importante des populations
locales est très faible.
-
- 4-Néanmoins, les niveaux en UA peuvent
s’élever significativement au-dessus des niveaux naturels
au voisinage des événements contaminants. Dans les
jours ou les années qui suivent, la contamination se
disperse dans l’environnement et les personnes vivant ou
travaillant dans les zones touchées peuvent inhaler des
particules ou consommer de la nourriture ou de l’eau
contaminée.
-
- 5-Il est possible
que les personnes se trouvant à proximité d’un avion
qui vient de s’écraser puissent être exposées
à des particules d’UA si les contrepoids ont
brûlé au cours de l’impact. Néanmoins, les
expositions importantes dans ce genre de situation devraient
rester rares. Il est possible que le personnel d’urgence et de
déblaiement soit lui aussi exposé, mais les mesures
normales de protection prises dans ce cadre professionnel
devraient empêcher toute exposition importante.
-
- Voies
d’exposition à l’UA :
-
- 1-Il n’y a pas de
différence entre l’UA et l’uranium naturel : l’exposition
survient par inhalation, ingestion, contact cutané ou par
des lésions (par exemple lorsqu’il y a des fragments inclus
dans la peau).
-
- 2-Il faut
évaluer chacune de ces situations pour déterminer
les conséquences potentielles pour la santé.
-
- 3-La part
relative de chacune de ces voies d’exposition dans l’absorption
totale d’UA par l’organisme dépend de la nature physique et
chimique de l’UA, ainsi que de l’intensité et de la
durée de l’exposition.
-
- Absorption
de l’uranium appauvri :
-
- 1-Il est
ingéré lorsque l’eau de boisson ou les aliments sont
contaminés. L’ingestion de terre par les enfants, soit par
géophagie (l’habitude de manger de la terre), soit par leur
propension à porter la main à la bouche, est
également importante dans ce contexte.
-
- 2-L’inhalation se
produit à la suite de l’utilisation de munitions qui en
contiennent ou lorsque, après s’être
déposé dans l’environnement, l’UA est remis en
suspension dans l’atmosphère par le vent ou d’autres
perturbations. Elle peut aussi survenir accidentellement à
la suite d’un incendie dans un entrepôt, d’un accident
d’avion ou de la décontamination de véhicules
provenant des zones de conflits ou des sites à
proximité.
-
- 3-L’absorption de
l’UA par la peau à la suite d’un contact est très
faible et joue un rôle relativement peu important.
-
- 4-La
contamination des lésions cutanées ou la
présence de fragments dans les tissus permet à l’UA
de passer dans la circulation sanguine.
-
- Résorption de l’uranium appauvri
:
-
- 1-La plupart de
l’uranium (plus de 95 %) qui pénètre dans
l’organisme par inhalation ou ingestion est éliminée
dans les fèces.
-
- 2-Les reins
filtrent environ 67 % de l’uranium sanguin et l’excrètent
dans les urines en 24 heures. La proportion atteint 90 % en
quelques jours.
-
- 3-L’appareil
digestif absorbe en général 2 % des composés
solubles d’uranium et 0,2 % des composés insolubles
présents dans l’eau et les aliments.
-
- Effets de
l’exposition à l’uranium appauvri sur la santé
:
-
- L’UA est à
la fois chimiotoxique et radiotoxique : il attaque principalement
les reins et les poumons.
-
- 1-On
considère que, dans les reins, le siège principal
des lésions potentielles se trouve au niveau des tubes
proximaux. Les études à long terme sur les
professionnels victimes d’une exposition chronique à
l’uranium ont signalé des troubles rénaux
dépendant de l’intensité de l’exposition. Certaines
données semblent indiquer que ces troubles disparaissent
lorsque la source d’exposition excessive est
enlevée.
-
- 2-Un certain
nombre d’études sur les mineurs extrayant l’uranium ont
montré un accroissement du risque de cancer pulmonaire,
mais on a attribué ce phénomène à une
exposition aux produits de désintégration du radon.
Il se pourrait que les lésions du tissu pulmonaire
engendrent un risque tumoral si les composés insolubles
d’UA restent assez longtemps dans cet organe (plusieurs
années) et émettent un rayonnement
d’intensité suffisante.
-
- 3-L’érythème (inflammation
superficielle de la peau) ou d’autres effets cutanés ne
semblent pas devoir se produire même au contact de l’UA
pendant une longue période (plusieurs semaines). Aucune
donnée connue n’indique que le contact avec des particules
d’uranium peut provoquer des cancers cutanés.
-
- 4-Aucun effet
indésirable concordant ou confirmé n’a
été signalé pour le squelette ou le foie.
Quelques études ont cependant été
réalisées.
-
- 5-On n’a pas
signalé d’effets sur la procréation ou le
développement de l’être humain.
-
- 6-Bien que
l’uranium libéré à partir des fragments
inclus dans l’organisme puisse s’accumuler dans les tissus du
système nerveux central (SNC) et que certaines
études sur l’homme et l’animal indiquent des effets sur les
fonctions de cet organe, il est difficile de tirer des conclusions
définitives.
-
- Doses
maximales de rayonnement :
-
- Les doses
données ci-après, tirées des normes
internationales de sécurité de base reconnues par
l’OMS en 1996, s’ajoutent à celles de la
radioactivité naturelle.
-
- 1-Les populations
ne doivent pas recevoir une dose supérieure à 1
millisievert (mSv) par an. Dans certaines circonstances, la dose
effective peut atteindre 5 mSv en une année si la dose
moyenne pour cinq années consécutives ne
dépasse pas 1 mSv par an. Une dose équivalente pour
la peau ne doit pas dépasser 50 mSv par an.
-
- 2-L’exposition
professionnelle ne doit pas dépasser la dose effective de
20 mSv par an en moyenne sur cinq années
consécutives ou 50 mSv sur une seule année. La dose
équivalente pour les extrémités (mains et
pieds) ou la peau ne doit pas dépasser 500 mSv par an.
-
- Indications
sur l’exposition d’après la chimiotoxicité et la
radiotoxicité :
-
- L’Organisation
mondiale de la Santé (OMS) donne des lignes directrices
déterminant les valeurs maximales d’exposition compatibles
avec la santé (doses admissibles) pour les substances
chimiques. Les doses données ci-dessous s’appliquent
à une exposition de longue durée pour toute une
population (et pas seulement les professionnels). Des expositions
plus fortes peuvent être tolérées sans effets
indésirables si elles sont uniques et de courte
durée.
-
- 1-Pour la
population en général, la valeur tolérable
pour la dose de composés solubles d’UA inhalés ou
ingérés se situe à 0,5 ìg par kilo et
par jour. Cela donne une concentration dans l’air de 1 µg/m3.
Pour l’ingestion, cela revient à environ 11 mg par an pour
un adulte de corpulence moyenne.
-
- 2-Il conviendrait
de diminuer à 0,5 µg par kilo et par jour la dose
admissible de composés insolubles d’UA de façon
à avoir une compatibilité avec la dose limite de
rayonnement admise pour l’ensemble d’une population. Lorsque la
solubilité des composés d’uranium n’est pas connue,
ce qui est souvent le cas lors d’expositions à l’uranium
appauvri, il serait prudent d’appliquer à l’exposition
orale cette dose plus rigoureuse, c’est-à-dire 0,5 µg
par kilo et par jour.
-
- 3-Les
composés d’uranium peu absorbés ont une
néphrotoxicité bien moindre et l’on peut appliquer
une dose tolérable par ingestion de 5 µg par kilo et
par jour.
-
- Suivi et
traitement des sujets exposés :
-
- 1-Pour la
population en général, ni l’utilisation civile, ni
l’utilisation militaire de l’UA ne sont susceptibles
d’entraîner des expositions d’une intensité bien
supérieure à celle produite par l’uranium naturel.
L’évaluation de ces expositions ne sera donc pas requise
normalement.
-
- 2-Lorsqu’on
soupçonne qu’une personne a subi une exposition à
l’UA bien supérieure à la normale, il pourra
s’avérer nécessaire de procéder à une
évaluation. Le meilleur moyen d’y parvenir consiste
à analyser l’excrétion urinaire quotidienne. On
détermine la quantité d’UA dans les urines en
établissant le rapport 235U/238U par des techniques
sensibles de spectrométrie de masse. Le dosage dans les
fèces peut donner des informations utiles si les
échantillons sont recueillis peu après l’exposition
(quelques jours).
-
- 3-La mesure du
rayonnement externe du thorax, à l’aide d’un
détecteur de radiation pour l’ensemble du corps afin de
déterminer la quantité d’UA dans les poumons, n’a
qu’une application limitée : il faut en effet disposer
d’installations particulières et on ne peut doser que des
quantités relativement importantes d’UA dans les
poumons.
-
- 4-Il n’existe pas
de moyens spécifiques pour diminuer l’absorption de
l’uranium au niveau du tube digestif et des poumons ou
accroître son excrétion. On peut donc appliquer les
méthodes généralement employées pour
les intoxications aux métaux lourds. De même, il n’y
a pas de traitement spécifique de l’intoxication à
l’uranium et le sujet sera traité en fonction des
symptômes observés. La dialyse peut s’avérer
utile en cas de lésions rénales très
importantes.
-
- Recommandations :
-
- 1-Les niveaux de
contamination des aliments et de l’eau de boisson peuvent
augmenter dans les zones touchées après quelques
années. Il convient donc de les contrôler lorsqu’on
peut raisonnablement penser que des quantités importantes
d’UA sont susceptibles de passer dans l’eau souterraine ou la
chaîne alimentaire.
-
- 2-On entreprendra
autant que possible des opérations de dépollution
dans les zones d’impact où il reste un grand nombre de
projectiles radioactifs, si les spécialistes jugent que les
niveaux de contamination sont inacceptables. Si l’on observe de
fortes concentrations de particules d’UA ou de fragments
métalliques, il pourra s’avérer nécessaire de
boucler ces zones jusqu’à ce qu’elles aient
été nettoyées.
-
- 3-L’exposition
à l’UA peut être plus forte pour les enfants jouant
dans les sites d’impact ou à leur proximité. Portant
souvent la main à la bouche, ils peuvent ingérer de
grandes quantités d’UA provenant du sol. Il convient alors
de prendre des mesures préventives.
-
- 4-Les personnes
qui croient avoir absorbé de trop grandes quantités
d’UA doivent consulter leur médecin qui les examinera et
traitera les symptômes éventuels. L’OMS n’appelle pas
à procéder à un dépistage ou à
un contrôle systématique des effets sur la
santé des populations vivant dans des zones de conflits
où ce métal a été utilisé.
L’élimination de l’UA doit suivre les recommandations
nationales ou internationales sur l’utilisation des
matières radioactives.
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- Edouard
Bastarache M.D. (Médecin du Travail et de l’ Environnement)
- Auteur de
« Substitutions de matériaux céramiques
complexes »
- edouardb@sorel-tracy.qc.ca
- http://www.sorel-tracy.qc.ca/;edouardb/
- Sorel-Tracy
- Quebc
- Canada
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- Référence :
- OMS, Uranium
appauvri, Aide-Mémoire N° 257, Révisé en
avril 2001.
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- Sur cette page : L'
uranium et la céramique, Toxicologie : Uranium
appauvri, Articles sur la
Contamination par des céramiques à base
d'uranium
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CONTAMINATION par les CÉRAMIQUES
à base d'URANIUM
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- Voici deux articles témoignant
des risques encourrus par l'exposition à des
céramiques à usage domestique contenant des
composés de l'uranium.
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- 1)
Contamination accidentelle par des composés d'uranium suite
au contact avec des vaisselles en céramique,
Résumé de l'article de Ralph W. Sheets, Clifton C.
Thompson
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- RÉSUMÉ. L'examen
d'échantillons de vaisselles orangées
achetées dans des magasins d'antiquité et
marchés aux puces a indiqué la présence
occasionnelle en surface de composés d'uranium qui sont
aisément transférés aux mains et aux habits.
Nous avons aussi réussi à mettre en évidence
des composés solubles d'uranium à la surface de
plats propres en les exposant à du vinaigre domestique ou
à de l'eau de javel. Nous estimons que la manipulation d'un
plat souillé peut transférer jusqu'à 1-2
becquerels ou plus de composés d'uranium aux mains. La
contamination en uranium est inquiétante parce que
l'élément est non seulement un émetteur
"alpha" mais également une néphrotoxine chimique.
- Bien que la
quantité d'uranium probablement ingérée en
raison de la manipulation occasionnelle puisse être petite,
elle pourrait excéder plusieurs fois la quantité se
rencontrant dans un régime alimentaire moyen (environ 40
mBq/jour). En outre, puisque des composés nouveaux sont
aisément formés en surface, il est possible qu'une
personne qui manipule régulièrement ou mange dans de
la vaisselle couverte par des glaçures contenant de
l'uranium puisse accidentellement ingérer des
quantités significatives d'uranium.
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- 2)
Dégagement d'uranium et émission de rayonnement par
des vaisselles couvertes avec des glaçures contenant de
l'uranium, Résumé de l'article de Ralph W. Sheets,
Sandra L. Turpen
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- RÉSUMÉ. Des échantillons de
vaisselles de couleur orange, jaune, beige, ivoire et bleu-verte
émaillées avec des émaux contenant de
l'uranium ont été examinés. Les mesures
faites à la surface de l'émail ont rapporté
des taux d'exposition de 3,8-16 mR/h (1-4 uC/kg/h) pour les
émaux oranges et des taux de 0,04-1,3 mR/h (0,01-0,3
uC/kg/h) pour les ivoires, beiges, et jaunes. On a estimé
que l'exposition au corps entier d'une étagère de 40
plats orangés était de 0,1-0,5 mR/h (0.03-0.13
uC/kg/h), ou jusqu'à 50 fois le niveau de rayonnement de
fond de la pièce, à une distance de 1 mètre.
Des épreuves de lixiviation de 24 heures ont
été réalisées sur des vaisselles
orangées, jaunes, et ivoires avec diverses concentrations
d'acide acétique et citrique. La concentration en uranium
dans les lixiviats de quelques plats orangés a
excédé 450 mg/L. L'uranium est une
néphrotoxine chimique et l'Agence de Protection de
l'Environnement des Etats-Unis (EPA) a proposé un niveau
maximum de contaminant pour l'eau potable de 0,020 mg/L.
Basé sur cette valeur une personne consommant 2,2 L d'eau
potable par jour ingérerait 0,31 mg d'uranium par semaine.
Une personne mangeant une fois par semaine dans un plat
orangé pourrait facilement ingérer 10 fois ou plus
cette quantité.
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